• Le journal en ligne Mediapart a publié, dimanche 13 mars, une enquête mettant en évidence le rôle clé d'un homme lors des attentats contre "Charlie Hebdo" et ceux du 13 novembre dernier : Farid Melouk, un français de 50 ans d'origine algérienne.

    Ce terroriste serait donc l’un des commanditaires chargés de préparer les prochains attentats en France et en Belgique depuis la mort d'Abdelhamid Abaaoud.

    Évoqué par le juge d'instruction Marc Trévidic lors de son audition par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les filières djihadistes, le 12 février 2015, Farid Melouk est considéré par le magistrat français comme ayant repris "du service" en Syrie, rapporte Mediapart.

    Vieille connaissance du magistrat - Marc Trévidic a notamment enquêté sur la première filière afghane que fréquentait Farid Melouk en 2000 - le terroriste a joué un rôle primordial dans le recrutement de djihadistes.

    Vétéran du djihad, Farid Melouk, dit le Chinois, a déjà vécu plusieurs vies. Faussaire, logisticien, et ancien appui financier des Groupes islamiques armés (GIA) dans les années 1990, Farid Melouk avait pris la fuite vers l'Afghanistan après les sanglants attentats de la station RER de Saint-Michel en 1995. 

     

    Au contact avec organisation d'Oussama Ben Laden

    Pendant un an, Farid Melouk se retrouve au contact des pontes de l'organisation d'Oussama Ben Laden. De retour en France, il choisit de vivre dans la clandestinité. Condamné par contumace en février 1998, le terroriste sera finalement interpellé le 5 mars de la même année à Ixelles un quartier populaire de Bruxelles par les autorités belges après un bref séjour en Croatie. Farid Melouk est condamné à 9 ans de prison devant la cour d'appel de la capitale belge. Extradé en France en 2004, le terroriste purge sa peine jusqu'à sa libération en 2009 et semble faire profil bas.

    A sa sortie de prison, il rencontre plusieurs vétérans de la guerre sainte, notamment ceux des filières tchétchènes et afghanes, avant de se lier d'amitié avec Djamel Beghal. Entre mai 2009 et mai 2010, ce dernier est assigné à résidence dans le Cantal dans le cadre de sa condamnation pour avoir préparé un projet d'attentat contre l'ambassade des Etats-Unis en France. Une amitié immortalisée par les services de renseignements français de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) par des photographies prises dans le Cantal. Sur ces clichés, Farid Malouk et Djamel Beghal jouent au football avec... Chérif Kouachi, l'un des futurs auteurs des attentats contre "Charlie Hebdo".

    Toujours selon Mediapart, Farid Melouk se serait ensuite fait oublier avant de refaire son passeport en octobre 2012 et partir dans la foulée pour la Syrie. Sur place, le terroriste, serait actuellement en train de constituer un groupe de combattants algériens ralliés récemment à l'Etat islamique après avoir tenu un camp d'entrainement.

    Farid Melouk fait désormais partie des cibles prioritaires de l'antiterrorisme français.

    Un changement de priorité qui s'explique principalement, selon Mediapart, par la découverte d'une photo troublante dans le téléphone de d'Hasna Aït Boulahcen, la cousine d'Abdelhamid Abaaoud tuée au cours de l'assaut de Saint-Denis. Dans la mémoire du téléphone : une photographie du cerveau des attentats du 13 novembre, sourire éclatant, aux côtés d'un homme portant une longue barbe blanche. Ce cliché figurait déjà sur le compte Facebook d'Abdelhamid Abaaoud en juin 2014.

    Selon Mediapart, cet homme pourrait être Farid Melouk. Sollicités par le site d'investigation, d'anciens agents de renseignements et des magistrats ayant enquêté sur le terroriste ont tous confirmé, sans toutefois pouvoir, bien sûr, le certifier "à 100 %", que la photo exhumée par Mediapart était "criante de ressemblance", selon l'expression de l'un d'eux.

     L'obs...

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